Investir comme on «like»... | KPMG | LU

Investir comme on «like»...

Investir comme on «like»...

1000

Related content

Investir comme on «like»...

Zoom sur le «social trading»

Les plateformes de négociation sociale remettent l'humain au centre du processus d'investissement. Dans la plus complète convivialité.


Ce sont les tendances lourdes du moment dans le petit monde de la gestion d'actifs: le développement des plateformes de trading et l'apparition des «robots-conseillers» (voir Le Jeudi du 15 septembre en page 12). Car il en est de l'industrie financière comme des autres industries: la technologie et l'automatisation deviennent incontournables.


Les avantages de ces nouvelles approches? Une certaine démocratisation, ces nouveaux outils et canaux permettant, via une baisse des coûts, de toucher une toute nouvelle clientèle jusqu'alors «sous les radars» des institutions financières.


Les inconvénients? Une déshumanisation des rapports et un client se retrouvant seul face à des algorithmes. Un inconvénient qui pourrait bien disparaître avec l'apparition des plateformes de négociation sociale – le «social trading».


Qu'est-ce qui les différencie des traditionnelles plateformes de trading électronique? L'incorporation d'éléments d'interaction puisés dans les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. C'est l'option suivie par eToro.com, la plate-forme de négociation sociale la plus en vue du moment, avec près de 5 millions de clients.


En plus d'utiliser les traditionnelles fonctions des plateformes de négociation – une gestion en ligne à partir de n'importe quel outil connecté et à moindre coût –, il est désormais possible de s'entrainer sur des simulations, mais surtout de partager ses expériences, de dialoguer et de poser des questions, de suivre et «liker» un membre et même d'avoir des «followers». Le tout en temps réel. Et sans intermédiaire.


L'aspect coopératif va très loin: tout le monde peut voir ce que les membres du réseau vendent ou achètent. Les performances de chacun étant visibles, on voit se dégager les meilleurs investisseurs que l'on est libre de copier, ou non.


Fait notable que relève Chrystelle Veeckmans, associée au sein de KPMG Luxembourg: «Les investisseurs qui ont le plus de suiveurs sont en général issus d'un milieu social simple. Quelques-uns ont débuté avec quelques centaines de dollars et sans formation financière spécifique, mais ils gèrent des millions de dollars.»

 

Code démocratique

Pour les promoteurs d'eToro.com, l'objectif est d'avoir sur leur plateforme l'équivalent d'un Warren Buffett. Histoire de les encourager, les «suivis» reçoivent un bonus lorsqu'ils sont imités.


Mais la question de savoir si l'argent les intéresse plus que l'aspect ego n'est pas tranchée. Pas plus, in fine, que la corrélation entre le nombre de suiveurs et la performance.


Un gadget? On pourrait hasarder un parallèle audacieux: cette façon d'aborder les investissements se développe depuis 2008 – et la grande crise financière –, à l'image de l'essor des réseaux sociaux lors des printemps arabes quelques mois plus tard. Une libération, voire une avancée démocratique? Un pas que ne franchit pas totalement Chrystelle Veeckmans. Qui voit cependant dans le développement de ce type de plateformes une réponse sociétale au manque d'éducation financière de la quasi-totalité des gens, ainsi qu'au manque de confiance envers les produits financiers. «On y trouve un aspect éducation financière des masses qui est nécessaire», souligne la spécialiste de chez KPMG.


D'un point de vue plus terre à terre, ces nouveaux canaux sont une pierre de plus dans le jardin de la concurrence pour les acteurs traditionnels du secteur financier.


Certes, ces plateformes visent une clientèle de jeunes technophiles joueurs qui leur échappait et à laquelle ils n'ont aucun service différenciant à offrir. Les banques cherchent donc à séduire cette clientèle avec leurs espaces dédiés en ligne. On pense spontanément, notamment, à des services comme Keytrade. Mais aucune institution n'a vraiment intégré l'aspect ludique dans la démarche. Notons que le côté ludique n'empêche toutefois pas ces plateformes d'être régulées. Ce qui, soit dit en passant, ne doit pas être une simple affaire pour les chargés de surveillance et de compliance.


Une autre concurrence pourrait se développer pour les gestionnaires d'actifs traditionnels: les grands réseaux sociaux sont très peu utilisés à des fins financières. Alors même que des services comme Fa-cebook et Twitter génèrent des milliards de données qui pourraient être exploitées pour prédire et analyser les marchés. De nouvelles Fintech se lancent sur le sujet, citons Sesamm ou encore Almax Analytics.


Et, au demeurant, rien n'empêcherait Facebook ou Twitter de se lancer eux-mêmes, directement, sur le marché. Avec une masse critique bien supérieure aux pionniers que l'on trouve actuellement sur la toile.

MARC FASSONE

 

Download as a PDF

Press Contact

Geneviève Feyt

Phone: +352 22 51 51 2903
E-mail: genevieve.feyt@kpmg.lu

Source

Le Jeudi (13.10.2016)

Connect with us

 

Request for proposal

 

Submit