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La trêve des confiseurs: une tradition républicaine

La trêve des confiseurs: une tradition républicaine

[Décryptages - Entreprises & Economie]

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A la fin de l’année 1874, la France vit sous un régime institutionnel provisoire. L’Assemblée nationale, alors chambre unique du parlement, siège à Versailles – elle ne reviendra au Palais Bourbon qu’en 1879. Monarchistes, bonapartistes et républicains s’y affrontent. A l’Elysée, Mac-Mahon, qui a succédé à Thiers en 1873, est partisan de la restauration de la monarchie. A la tête du gouvernement depuis mai 1874, Ernest Courtot de Cissey est républicain. Il a succédé au duc de Broglie, monarchiste, mis en minorité par une alliance tactique des républicains et des bonapartistes.
Au cours du second semestre 1874, les députés républicains, qui se sentent en position de force, demandent que la question des institutions vienne à l’ordre du jour. Les monarchistes et les bonapartistes, en situation de faiblesse, cherchent à l’inverse à repousser le débat sur les lois constitutionnelles, jugeant que le temps leur serait favorable.
Le jeudi 24 décembre 1874, avant de se séparer pour Noël, l’Assemblée doit décider de la date de reprise de ses travaux. Pierre Pagès-Duport, représentant monarchiste du Lot, propose le 11 janvier 1875. Jules Favre, député de la gauche républicaine du Rhône, recommande de reprendre dès le lundi 28 décembre. L’Assemblée retient le mardi 5 janvier 1875.
Les discussions constitutionnelles s’animent dans le courant du mois de janvier. Le 30 janvier 1875, l’Assemblée nationale vote à une voix de majorité « l’amendement Wallon », du nom du député du Nord, ainsi rédigé : « Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans ; il est rééligible. »
En trente-quatre mots, les bases de la Troisième République sont posées. Les lois constitutionnelles de 1875 ne feront que compléter l’amendement Wallon. La brièveté des vacances parlementaires a joué en faveur des républicains.
La période comprise entre Noël et le jour de l’An était connue sous le nom de « trêve de Dieu ». L’expression a semblé inappropriée pour désigner ce moment clé de l’histoire républicaine où les adversaires politiques ont suspendu leur confrontation. La presse en a cherché une autre. A la fin de 1874, pour la première fois depuis la défaite de 1871, les Français renouaient avec leurs traditions festives. Le commerce de la confiserie, qui tournait jusque-là au ralenti, connaissait une embellie. C’est dans ces conditions qu’est apparue, sous la plume des journalistes, la formule « trêve des confiseurs ».
Commençant la veille du réveillon de Noël pour s’achever après celui de la Saint-Sylvestre, la trêve des confiseurs s’est installée dans les habitudes institutionnelles et gastronomiques françaises : aujourd’hui encore, c’est la période de l’année où le débat politique est le moins vif et où les métiers de bouche sont les plus actifs.
 

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