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Star Wars : de l’écran à la politique

Star Wars : de l’écran à la politique

[Décryptages - Générations]

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Le monde politique inspire le cinéma depuis son origine. L’histoire du septième art est riche de films cultes reflétant la vie institutionnelle de leur époque. « Monsieur Smith au Sénat », de Frank Capra, avec James Stewart, illustre en 1939 les usages parlementaires américains. En France, « Le Président », d’Henri Verneuil avec Jean Gabin, incarne en 1961 les pratiques gouvernementales de la Troisième République.

Il arrive, réciproquement, que le cinéma inspire la politique.

Par leur puissance évocatrice, certains films de fiction contribuent au débat public. En 1940, « Le Dictateur » de Chaplin vient à l’appui du mouvement anti-isolationniste américain. En 1967, avec « Devine qui vient dîner… », de Stanley Kramer, Hollywood affiche son soutien au combat antiségrégationniste.

D’autres films s’immiscent dans la vie politique par leurs répliques cultes – parfois déformées. Formule fréquemment convoquée dans les discours électoraux, « Il faut que tout change pour que rien ne change » trouve sa source dans « Le Guépard » de Visconti (1963), d’après l’œuvre de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Autre dicton populaire dans le débat politique, « Un imbécile qui marche va plus loin qu'un intellectuel assis » est une variante d’une réplique du film de Denys de La Patellière « Un Taxi pour Tobrouk », en 1961.

C’est cependant surtout à travers leurs personnages que les grands titres du cinéma marquent leur empreinte politique. A la façon du Tartuffe ou de l’Harpagon de Molière, les patronymes de certaines figures du cinéma deviennent des noms communs. Tel maire de grande ville française se fait ainsi traiter de Don Corleone par un adversaire en référence au « Parrain » de Francis Ford Coppola (1972). Tel autre responsable est qualifié de « Harry Potter » du syndicalisme en raison de sa ressemblance avec l’acteur qui représente le jeune héros à l’écran.

La série Star Wars participe de ces trois formes d’influence du cinéma sur la vie politique. On dit qu’elle est à l’origine de la notion d’«empire du mal » développée par le président Reagan – grand amateur de la première trilogie – et prolongée dans sa version « axe du mal » par George W. Bush. Certaines des répliques de Star Wars, par exemple « Personne par la guerre, ne devient grand », sont parfois reprises dans les discours politiques. Enfin, les personnages de la série reviennent fréquemment dans le vocabulaire politique.

Il en va notamment ainsi en France. Le renouvellement électoral de 2017 a fait monter sur la scène politique une génération plus avertie de « La guerre des étoiles » que de « La Comédie humaine » et plus portée à trouver ses références dans les héros de George Lucas que dans ceux d’Honoré de Balzac. Au moment où l’épisode 8 de la saga – Les Derniers Jedi – sort en salle, il n’est pas surprenant d’entendre certains leaders français accuser leurs contradicteurs d’être des Dark Vador en puissance et se flatter d’être eux-mêmes de la famille des Skywalker, bref de filer la métaphore Star Wars !
 

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