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Suisse : la religion du chocolat

Suisse : la religion du chocolat

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Avec environ 11 kg par an et par habitant, la Suisse est le premier pays consommateur de chocolat dans le monde. Au même titre que l’horlogerie, l’industrie chocolatière participe de l’image de marque helvétique. L’une et l’autre doivent leur essor à l’histoire religieuse de la Confédération.

A la Renaissance, Genève est célèbre pour sa joaillerie et son orfèvrerie. Soudain vers 1550, sous l’influence calviniste, la municipalité décide de bannir les signes extérieurs de richesse. Joaillers et orfèvres se « reconvertissent » alors dans l’horlogerie, les montres et pendules n’étant pas visées par l’interdiction. C’est ainsi que naît l’industrie horlogère suisse, renforcée un siècle et demi plus tard par l’immigration huguenote après l’abrogation de l’Edit de Nantes.

Lorsqu’il fait son apparition en Suisse au milieu du XVIe siècle, le chocolat connaît, dans les cantons protestants, le même destin que la joaillerie et l’orfèvrerie. Jugé aphrodisiaque, son usage y est prohibé pendant 150 ans. Lorsqu’en 1792 il est enfin autorisé, les Suisses en font leur gourmandise de prédilection. En réponse à la forte demande du marché intérieur, l’industrie chocolatière helvétique se développe au cours du XIXe siècle.

En 1875, le chocolatier vaudois Daniel Peter (1836-1919) a l’idée de mélanger du lait des alpages et du chocolat noir. Le chocolat au lait devient la première spécialité chocolatière suisse, aujourd’hui protégée par le label « Chocolat suisse ». Cinq siècles après son interdiction, le chocolat est le produit qui, avec les montres de luxe, incarne sans doute le plus la Suisse hors de ses frontières.

La consommation mondiale de chocolat est en croissance, du fait notamment de l’accroissement de la demande asiatique. Sur le plan quantitatif, l’industrie chocolatière suisse n’occupe qu’une position de second plan : elle n’arrive qu’au septième rang en Europe et, au salon du chocolat de Paris, seuls quatre fabricants suisses figurent parmi les 500 exposants. Sur le plan qualitatif, malgré une concurrence qui se renforce, les marques suisses conservent en revanche l’atout de la tradition séculaire.

En 2009, pour le 500ème anniversaire de la naissance de Calvin, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse a demandé à la Maison Poyet, de Vevey, de confectionner un chocolat « spécial Réforme ». Blaise Poyet, son fondateur, a conçu une praline chocolatée salée, mêlant la rigueur du chocolat bolivien et la tendresse du caramel suisse – une façon, dit-il, de « faire découvrir Calvin de manière gustative ».

Une façon aussi de rendre hommage à celui qui, par un effet de sérendipité, est involontairement à l’origine du succès international de la chocolaterie helvétique !
 

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