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Un médaillé Fields au Parlement : entre tradition et nouveauté

Un médaillé Fields au Parlement

[Décryptages - Générations]

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L’élection à l’Assemblée nationale d’un lauréat de la médaille Fields – en la personne de Cédric Villani – est une première dans l’histoire politique française. Jusque-là, aucun médaillé Fields, la plus haute distinction mondiale en mathématiques, n’avait été élu au Parlement. Aucun prix Nobel scientifique non plus. Frédéric Joliot-Curie, prix Nobel de chimie en 1935 avec sa femme Irène, a certes siégé au Palais Bourbon en 1944-1945, mais en qualité de délégué non élu à l’Assemblée consultative provisoire.

La participation de scientifiques du plus haut niveau à la représentation nationale n’est cependant pas nouvelle en France. Lavoisier a été député suppléant à l’Assemblée constituante en 1789 et Condorcet a été élu à l’Assemblée législative en 1791, tout comme Lazare Carnot, par la suite membre de la Convention. Sous le Directoire, Monge participe au Conseil des Cinq-Cents. Au cours de la Monarchie de Juillet, François Arago est élu à la Chambre des députés, avant de l’être, sous la Seconde République, à l’Assemblée constituante puis à l’Assemblée législative. Le grand mathématicien Paul Painlevé est député de 1910 à 1933.

Ces parlementaires ont par ailleurs souvent exercé des fonctions exécutives auxquelles leur nom reste attaché autant qu’à leurs recherches scientifiques. Carnot, ministre de la Guerre, est passé dans l’Histoire comme « l’organisateur de la victoire ». Monge, ministre de la Marine, est à l’origine de la création de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole normale supérieure. Arago, ministre de la Guerre, de la Marine et des Colonies après la révolution de 1848, joue un rôle clef dans l’abolition de l’esclavage outre-mer. Plusieurs fois président du Conseil et ministre, Paul Painlevé donne un élan décisif à la modernisation de l’Armée de l’air française entre les deux guerres.

D’autres grands savants ont assuré des responsabilités ministérielles sans être élus : Irène Joliot-Curie, prix Nobel de chimie en 1935 avec son mari Frédéric, est sous-secrétaire d’Etat à la Recherche scientifique en 1936 dans le premier gouvernement du Front populaire. Jean Perrin, prix Nobel de physique (1926), prend sa suite après quelques mois et occupe à nouveau le poste dans le second gouvernement Blum de 1938. On leur doit la création du CNRS.

De 1946 à 2016, le Parlement et le gouvernement n’ont compté en revanche aucuns prix Nobel ou médaillés Fields. L’excellence scientifique ne se limite assurément pas à ces deux distinctions, mais la rupture est nette : au cours des soixante dernières années, l’implication directe des grands hommes de science dans la vie politique institutionnelle a notablement diminué au profit d’une participation aux débats de la société civile.

L’élection d’un médaillé Fields aux législatives de 2017 annonce-t-elle le retour des personnalités scientifiques dans la vie publique ?  

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