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Nuit européenne des musées : un moment d’unité

Nuit européenne des musées : un moment d’unité

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Chaque année depuis 2005, quelque 3000 musées européens ouvrent gratuitement leurs portes dans la nuit du samedi le plus proche de la mi-mai. Lancée à Berlin en 1997, reprise en France en 1999, la pratique est aujourd’hui adoptée – sous le nom de Nuit européenne des musées – par les 39 pays signataires de la convention culturelle du Conseil de l'Europe.

Pour tous ces musées, cette ouverture nocturne au-delà de 22 h présente un caractère exceptionnel. Dans beaucoup, la gratuité n’est en revanche pas inhabituelle. Chaque pays compte en effet à la fois des musées gratuits et d’autres payants.

Curieusement, cette gratuité ne répond à aucune règle systématique. La tarification des musées européens n’affiche en effet aucune unité, ni dans l’espace, ni dans le temps.

Au Royaume-Uni, le principe de gratuité s’applique depuis toujours à l’ensemble des musées publics. Les pays scandinaves s’alignent progressivement sur le modèle britannique. Dans le reste de l’Europe, on rencontre les situations les plus variées. A Madrid, le Prado est gratuit en semaine et en fin d’après-midi le week-end, mais payant dans la journée le samedi et le dimanche. A Paris, le Louvre est toujours payant, sauf un dimanche par mois, mais seulement en dehors de la période estivale. En Allemagne et en Italie, les établissements sont généralement payants. Partout cependant, des tarifs particuliers sont appliqués aux diverses catégories de clientèle.

Très hétérogènes sur le plan géographique, les politiques de tarification sont également inconstantes. En France, les musées nationaux sont demeurés gratuits tout au long du XIXe siècle, avant de devenir progressivement payants au cours du siècle suivant à l’exception, du moins dans un premier temps, du jeudi (autrefois jour de congé scolaire) et du dimanche. A la fin du XXe siècle, le principe de gratuité a quasiment disparu : la plupart des musées publics français sont désormais payants. Depuis une quinzaine d’années, en revanche, un mouvement inverse s’amorce : les expériences de gratuité se multiplient.

Si les politiques tarifaires sont hésitantes, c’est que l’impact du prix d’entrée sur la fréquentation des musées fait débat. La gratuité ne suffit pas, en effet, à attirer les visiteurs. Pour être efficace, elle doit être accompagnée de politiques culturelles appropriées. Dans certains cas, il est même arrivé que la gratuité provoque paradoxalement une diminution du nombre de visiteurs.

La Nuit européenne des musées présente ainsi un ainsi un caractère doublement exceptionnel : c’est non seulement le seul moment de l’année où l’on peut déambuler dans les salles après minuit, mais c’est aussi la seule fois où tous les musées européens affichent la même politique tarifaire : la gratuité.
 

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