Derrière le big data : le small data ? | KPMG | FR

Derrière le big data : le small data ?

Derrière le big data : le small data ?

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« Conformément aux dispositions de la Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, les utilisateurs bénéficient d’un droit d’accès et de rectification des informations les concernant qui font l’objet d’un traitement informatique. »

Cette formule ou ses variantes sont bien connues des internautes français. Hors de l’Hexagone, des dispositions équivalentes sont en vigueur dans la plupart des démocraties. Elles apportent des garanties généralement efficaces de protection des données personnelles brutes. Mais sont-elles suffisantes à l’heure de l’irruption du big data et du foisonnement des algorithmes ?

Les informations nominatives détenues par les entreprises et les administrations ne se limitent en effet plus aux données brutes. Après traitement, elles comportent des indications instantanées ou prédictives de comportement auxquelles, en l’état actuel des réglementations, les personnes concernées n’ont habituellement pas accès. Aussi, tant dans les associations de consommateurs que du côté des directions de grands groupes et des législateurs, des initiatives se proposent de faciliter l’accès au « small data » que constituent les données individuelles issues des algorithmes.

Cette approche va dans le sens du Règlement général sur la protection des données adopté par le Parlement européen le 14 avril 2016. L’article 22 de ce règlement prévoit que les consommateurs pourront à partir de 2018 contester les décisions fondées exclusivement sur un traitement automatisé de leurs données personnelles et s’opposer à l’utilisation de leur profil de consommation à des fins marketing ou commerciales.

Au Royaume-Uni, une vingtaine d’entreprises, encouragées par le gouvernement britannique, ont lancé le projet « Midata ». Principalement testé dans les domaines de la banque et de l’énergie, Midata vise à transformer la relation des organisations avec leurs clients en permettant à ces derniers non seulement de suivre en temps réel les usages faits de leurs données personnelles, mais surtout de les utiliser pour améliorer la pertinence de leur consommation.

Aux Etats-Unis, l’administration a mis en œuvre le projet « Smart Disclosure », fondé sur le principe de l’empowerment, c’est-à-dire de l’engagement des utilisateurs. Quatre expériences sont en cours : Blue Button, un dispositif de mise à disposition de leurs données médicales concernant 150 millions d’Américains, Green Button, son équivalent dans le domaine de l’énergie et touchant actuellement 60 millions de personnes, Get Transcript pour l’accès aux données fiscales et MyData Button pour celui aux données scolaires et universitaires. Dans chaque cas, les data sont fournies dans un format standardisé susceptible d’être reconnu par des logiciels par ailleurs proposés aux utilisateurs.

En France, huit grandes entreprises se sont réunies à partir de 2014 dans le projet MesInfos, consistant principalement à ouvrir à 300 testeurs l’ensemble des informations brutes ou traitées les concernant, puis à observer les usages qu’ils en font et à écouter leurs recommandations.

A l’expression « small data », les promoteurs du projet français ont préféré celle de « self data ». Mais l’intention est la même : en impliquant personnellement les consommateurs dans la pratique du big data, l’objectif est de renforcer la confiance numérique.

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