Clipperton | KPMG | FR

Clipperton : un écosystème à reconstruire

Clipperton

[Décryptages - Développpement durable]

1000

D'autres actualités sur le site

Seul territoire français du Pacifique nord, l’atoll de Clipperton est situé à 1 280 km de la côte mexicaine. D’une superficie de 1,7 km2, il est le seul au monde à disposer d’un lagon d’eau douce – l’évaporation des eaux de pluie étant inférieure aux précipitations.

Découvert en 1711 par un équipage français qui le baptise « île de la Passion », l’atoll reçoit par la suite le nom de Clipperton, du nom du corsaire anglais John Clipperton.

Au cours du XVIIe siècle et du début du XIXe, l’îlot est occasionnellement occupé par les Anglais, les Américains, les Espagnols, les Mexicains et les Français. La prise de conscience de son intérêt stratégique et la découverte de phosphates dans son sol conduisent Napoléon III à revendiquer officiellement en 1858 la souveraineté française sur Clipperton. Mais, comme le territoire n’est pas occupé par la France, le Mexique l’annexe en 1897 pour exploiter le phosphate et le guano qu’on y trouve en quantité abondante. Il faudra attendre un arbitrage du roi d’Italie en 1931 pour que la souveraineté française soit internationalement reconnue.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis installent une base aérienne sur l’atoll puis l’abandonnent avec ses munitions à l’issue du conflit. Il est aujourd’hui dans l’état où les Américains l’ont laissé en 1945, peuplé de rats depuis 2000 à la suite d’un naufrage qui les a accidentellement introduits dans le lieu.

La Marine nationale y fait aujourd’hui escale plusieurs fois par an pour affirmer la souveraineté française. Des expéditions scientifiques en dressent par ailleurs régulièrement le bilan écologique – au demeurant désastreux.
Clipperton aurait pu tomber à nouveau dans l’oubli si trois éléments nouveaux n’étaient pas venus récemment à son actif. Le premier est la découverte de nodules polymétalliques riches en nickel et en cuivre dans la vaste zone économique exclusive (ZEE) qui l’entoure. D’une superficie de 435 612 km2, celle-ci est plus étendue que celle de la France métropolitaine ! Un deuxième intérêt est la richesse de la ZEE en thonidés alors que la pêche du thon fait l’objet de limitations de plus en plus exigeantes. Enfin, la situation géographique de Clipperton en fait un poste d’observation privilégié du phénomène El Niño.

En février 2016, le parlementaire en mission Philippe Folliot, député du Tarn, a remis un rapport sur le devenir de Clipperton. Il préconise de réhabiliter l’îlot sur le plan écologique – conformément aux obligations internationales de la France, puissance souveraine –, de remettre en état de fonctionnement la piste d’atterrissage abandonnée par les Américains et d’installer une station météorologique afin notamment que Clipperton, dès lors habitée, ne puisse plus faire l’objet de contestation de souveraineté.

Et pour bien marquer qu’une nouvelle étape commence, le député recommande de restituer à l’atoll son nom d’origine : l’île de la Passion.

Sources

Décryptages

Une rubrique ouverte sur le monde

Digest d'articles publiés en France et à l'International, sous un angle original et sous la forme d'une synthèse enrichie de chiffres et d'éléments d'actualité dans cinq domaines : Développement durable - Entreprises & Economie - International - Générations - Mot à mot.
Accès à tous les articles Décryptages

Nous contacter

 

Besoin de nos services ?

 

Soumettre