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Protection des espèces menacées : le rôle de la CITES

Protection des espèces menacées : le rôle de la CITES

[Décryptages - Développement durable]

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Mieux vaut ne pas franchir une frontière avec plus de 125 grammes de caviar dans ses bagages ! Outre l’éventuelle amende, voire la peine de prison, qu’ils peuvent entraîner, les précieux œufs d’esturgeon risquent d’être détruits en douane.

Mieux vaut également ne pas se présenter à un poste frontière avec plus de quatre souvenirs de voyage en peau de crocodile, plus de trois coquilles complètes de bénitier géant – un grand coquillage des mers chaudes pouvant mesurer jusqu’à 1,5 m de large – ou encore 1 kg de copeaux de bois d’agar, une variété utilisée par les médecines traditionnelles asiatiques : on encourt les mêmes peines.

Les esturgeons, les crocodiles, les bénitiers géants et le bois d’agar font partie des espèces protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et flore sauvages menacées d’extinction, dite CITES (Convention on International Trade of Endangered Species). A ce titre, leur exportation et leur importation sont réglementées.

La CITES, aussi appelée Convention de Washington, a été signée par 80 pays dans la capitale américaine en 1973 et mise en œuvre deux ans plus tard. Elle fait suite à une résolution adoptée en 1963 par l'Assemblée générale de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la principale ONG mondiale engagée dans la protection de la nature. La CITES a été depuis adoptée par tous les pays du monde, à six exceptions près : Haïti, Soudan du Sud, Mauritanie, Turkménistan, Corée du Nord, Timor oriental.

La Convention protège désormais quelque 5 600 espèces animales et environ 30 000 espèces végétales. Selon les variétés concernées, ses prescriptions interdisent ou limitent leur commercialisation internationale. Pour être exportées ou importées, les espèces visées par la CITES doivent faire l’objet d’autorisations administratives contraignantes.

En 1985, on dénombrait chaque année 150 000 autorisations au niveau mondial. On en compte aujourd’hui un million. Ces autorisations sont accordées par les administrations nationales dans le respect des dispositions adoptées par les parties prenantes à la convention. Les sanctions relèvent également des droits nationaux. L’action de la CITES est coordonnée par un secrétariat intégré au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dont les services sont installés à Genève.

Quarante ans après sa signature, la Convention de Washington a permis de sauvegarder un grand nombre d’espèces. On estime cependant qu’environ 500 variétés sont aujourd’hui gravement menacées du fait des trafics auxquels leur exploitation donne lieu : corne de rhinocéros du Swaziland, bois de rose de Madagascar... Pour des raisons économiques, les Etats concernés rechignent à condamner sévèrement ces dérives. Pour des motifs diplomatiques, l’Assemblée générale de la CITES a jusqu’à présent hésité à dénoncer les pays en défaut. Mais les risques de disparition de certaines espèces sont aujourd’hui tels qu’on s’attend à ce que, sous la pression des ONG, la CITES soit amenée dans les prochaines années à prendre des sanctions officielles.
 

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