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Bleisure : quand le blurring s’empare des voyages d’affaires

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[Décryptages - Générations]

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Les époques de changement des pratiques professionnelles sont propices aux néologismes.

Ainsi, avec la montée en puissance de l’usage du smartphone, est apparu le « blurring ». Participe présent du verbe to blur (effacer), le blurring est le fait de gommer la frontière entre la vie professionnelle et la vie privée. Désormais, ce sont les mêmes outils qui assurent l’entretien des relations d’affaires et des liens familiaux ou amicaux. Grâce au smartphone, chacun peut au cours d’une même journée, dans la plus grande discrétion, accomplir ses obligations professionnelles et animer sa vie sociale.

En s’étendant aux voyages d’affaires, le blurring a donné naissance au « bleisure », un mot-valise construit à partir de leisure (loisir), précédé du « b » de business. Le bleisure consiste à profiter d’un déplacement professionnel pour faire du tourisme ou s’accorder un moment de détente.

La tentation de mettre à profit un passage à Madrid pour faire un saut au Prado ou une réunion à San Francisco pour visiter les vignes californiennes n’a pas attendu l’arrivée du smartphone pour se manifester. Mais le foisonnement des appareils nomades a libéré ceux qu’une telle démarche culpabilisait. Dès lors qu’on peut travailler partout où l’on est, pourquoi ne pas le faire, à l’occasion, devant Les Ménines ou un verre de chardonnay à la main ?

Une enquête a montré que 20% des personnes effectuant des voyages d’affaires choisissent de les compléter au moins une fois dans l’année par un moment de détente. Pour 46% d’entre eux, c’est à la fin de la partie professionnelle que vient s’insérer la composante touristique. Dans 34% des cas, c’est au début qu’elle intervient. 20% des voyageurs pratiquent le blurring non-stop : au cours d’un déplacement, ils sautent constamment d’une activité à l’autre.

Au total, on estime que 7% des voyages professionnels relèvent du bleisure. Les femmes le pratiquent plus que les hommes, les jeunes plus que leurs aînés, les voyageurs occasionnels plus que les frequent flyers.

Le développement du bleisure soulève un double problème pour les employeurs : d’une part la comptabilisation de la quote-part du temps de déplacement consacrée au loisir, d’autre part l’assurance de leurs salariés pendant cette période. Les entreprises répondent aujourd’hui empiriquement à cette problématique en fonction de leurs habitudes. Mais s’il continue à prospérer, il viendra sans doute un jour où le bleisure sera amené à être réglementé.
 

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