Trêve olympique : entre mythe et réalité | KPMG | FR

Trêve olympique : entre mythe et réalité

Trêve olympique : entre mythe et réalité

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L’archidiocèse de Rio a proposé une trêve à l’occasion des Jeux olympiques 2016 au Brésil. Il s’inscrit ainsi dans la voie tracée par les Nations Unies qui, depuis 1992 à l’occasion de chaque olympiade, appellent au respect de la trêve olympique.

La suspension des hostilités en période de Jeux olympiques remonte à la tradition antique. Pour permettre aux athlètes – des soldats pour la plupart – de traverser sans encombre des territoires en guerre afin de se rendre à Olympie, les cités grecques ont décidé au VIIIe siècle avant J.-C. de recommander aux belligérants de suspendre leurs combats du septième jour précédant les jeux jusqu’au septième jour suivant leur achèvement.
Cette trêve n’était pas obligatoire. Elle a cependant été largement respectée pendant un millénaire.

Qu’en est-il des J.O. de l’ère moderne ? Aucune interruption durable de combats n’est intervenue depuis leur restauration par Pierre de Coubertin, mais l’esprit de la trêve a permis quelques progrès dans le domaine de la paix.

De 1956 à 1964, le Comité international olympique a obtenu des équipes de la République fédérale d’Allemagne (RFA) et de la République démocratique allemande (RDA) qu’elles concourent sous les mêmes couleurs. Lors des Jeux d’hiver de Lillehammer (Norvège) en 1994, une trêve a été respectée pendant une journée en Bosnie, alors en pleine guerre. L’UNICEF a ainsi pu procéder à une campagne de vaccination des enfants. A l’occasion des jeux de Sydney en 2000, les délégations de Corée du Nord et de Corée du Sud ont défilé sous le même drapeau.

A l’inverse de cette dynamique pacifique, les tensions internationales se sont à plusieurs reprises traduites en boycotts. Les J.O. de Melbourne sont boycottés en décembre 1956 par les Pays-Bas, l’Espagne et la Suisse en protestation contre la répression soviétique à Budapest. La même année, l’Egypte, l’Irak et le Liban font de même à la suite de la crise de Suez. La République populaire de Chine suit leur exemple en réponse à la présence à Melbourne de Formose (aujourd’hui Taiwan). En 1980, les Etats-Unis boycottent les J.O de Moscou à la suite de l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS. En 1984, c’est au tour des pays du pacte de Varsovie de boycotter les J.O. de Los Angeles. En 2008, plusieurs dirigeants occidentaux refusent de se rendre aux Jeux de Pékin en raison de la politique chinoise au Tibet. Cette même année, pour la première fois dans l’histoire olympique, un conflit armé éclate même pendant les compétitions entre la Russie et la Géorgie !

Au-delà de ce bilan contrasté, les Jeux olympiques permettent tous les quatre ans aux sportifs internationaux les plus méritants de se rencontrer et de contribuer, à leur retour, à une meilleure compréhension entre les peuples. La Charte olympique proclame que « le but de l’olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’humanité en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine ». En réaffirmant à chaque olympiade le principe de la trêve, les Nations Unies font progresser cette utopie.
 

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