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Soif de changement: comment le secteur alimentaire est perturbée

Comment le secteur alimentaire est perturbée

Ruedi Noser et Roman Hartmann parlent des changements dans l’industrie des biens de consommation et de la capacité d’innovation de leur start-up.

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Farmy: Ruedi Noser, membre du Conseil d’administration, et Roman Hartmann, co-CEO et fondateur de l’entreprise

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Patrik Kerler: Comment votre secteur répond-il aux besoins changeants des clients et quels facteurs impactent vos activités commerciales?

Farmy: Les clients s’éloignent largement des achats «hors ligne» pour s’orienter vers les opérations en ligne et mobiles. L’accent est aussi mis sur les produits locaux et durables – qui continueront de progresser en tant que part du marché alimentaire total. L’agriculture verticale qui s’établit dans les grandes villes et les ménages individuels en est un aspect intéressant. Il s’agit là de l’intégration de la production alimentaire dans des buildings. Cela va de pair avec une demande croissante de transparence de la part des clients concernant l’origine, les ingrédients et l’empreinte des produits qu’ils achètent. Pour une entreprise, cela signifie qu’elle doit mieux utiliser le big data pour communiquer au sujet de la production, du transport et du stockage, mais aussi fournir davantage d’informations sur les propriétés nutritionnelles de ce que nous consommons. Ainsi, le nombre de produits bios et locaux certifiés s’accroît constamment.

C’est là que nous nous situons. Farmy est synonyme de transparence et d’alimentation saine et éthique. Nous réalisons que le secteur alimentaire doit assumer ses responsabilités. Il ne peut pas simplement détruire la planète parce que nous ne sommes pas capables de changer notre régime alimentaire. Nous devons trouver des alternatives à notre alimentation afin de contrebalancer la classe moyenne croissante en Asie et de réduire les émissions de CO2 et l’utilisation de l’eau.

Comment vous et vos concurrents innovez pour vous adapter aux tendances, voire les façonner?

Cela varie d’un pays à l’autre. Les marchés américain et britannique, entre autres, sont des pionniers en matière de numérisation. Et nous nous attendons à ce que la Suisse évolue dans la même direction. D’un côté, de nouveaux acteurs de marché axés d’emblée sur la numérisation font irruption sur le marché. Il s’agit essentiellement de sociétés étrangères. De l’autre, même les participants traditionnels du marché devront maîtriser la numérisation à un rythme jusqu’alors inédit. Cela ne se limite pas à l’alimentation, bien sûr. La part des ventes en ligne de livres, d’électronique et de vêtements est si élevée que les acteurs hors ligne établis rencontrent de sérieuses difficultés. Le secteur alimentaire se trouve dans une phase très exaltante où nous devons faire face à d’énormes changements.

Qui donne le rythme à mesure que la numérisation change le secteur de la consommation?

Tout d’abord, nous pensons que chacun a compris que la numérisation aura un fort impact sur chaque entreprise et chaque marché. Tout comme les tendances de la consommation, le moteur de l’innovation se situe dans la soif de l’écosystème de la Silicon Valley. C’est la locomotive la plus importante pour la progression de la numérisation et c’est le prototype d’autres poussées d’innovation telles que nous y assistons en Chine, en Israël ou même à Berlin. Des sociétés comme Amazon, Uber et Alibaba opèrent selon des principes totalement différents de ceux du passé. La rentabilité ne joue qu’un rôle secondaire. Basé sur d’énormes volumes de capital-risque, l’objectif primaire est de conquérir une large part de marché et de collecter des données de consommateurs. C’est ce qui met en branle des marchés entiers et fait avancer la numérisation.

Seuls survivront les détaillants qui ont et utilisent des données clients et accèdent directement aux clients. Tous les autres seront relégués à l’arrière-plan. Et la numérisation va s’ancrer encore plus profondément dans la chaîne de valeur et la vie des consommateurs. Cela par le biais des achats en ligne et de la recherche vocale, qui deviennent plus faciles, ou de l’Internet des objets. Les entreprises européennes sont malheureusement absentes sur la liste des leaders. Nous sommes éclipsés par Google, Amazon, Facebook et Apple ainsi que par les géants asiatiques tels qu’Alibaba ou Flipkart.

Quel rôle votre propre R&D joue-t-elle dans cette évolution?

Nous n’avons pas de département R&D à proprement parler. En qualité de jeune entreprise et de start-up dotée d’une approche disruptive, nous sommes innovants par nature et améliorons constamment nos produits. Chaque manager de la société œuvre à perfectionner continuellement les produits et processus et à soutenir les tests en cours. Notre structure est très agile, de sorte que nous sommes capables de nous adapter très rapidement aux nouvelles situations.

Le secteur de la consommation est de plus en plus concerné par les M&A. Pensez-vous que cette tendance va se poursuivre, et quelle sera l’implication de Farmy?

Nous pensons que cette tendance persistera tant que la Silicon Valley et ses imitateurs conserveront leur soif d’innovation. L’émergence de nouvelles entreprises dotées de produits et de technologies novateurs ne s’arrêtera pas, ce qui signifie qu’il y aura un gros potentiel de M&A. Mais en tant que start-up, nous n’avons pas les fonds nécessaires pour entreprendre des acquisitions. Nous préférons investir nos ressources dans l’innovation interne.

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