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«Les consommateurs sont en quête d’individualisation»

«Les consommateurs sont en quête d’individualisation»

Chez Migros, durabilité et transparence sont au premier plan. Deux représentants de Migros, Beat Arbenz et Walter Huber, parlent des tendances de leur branche et nous dévoilent à quelles évolutions M&A ils s’attendent pour l’avenir.

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Beat Arbenz, responsable M&A, et Walter Huber, CEO Industrie

Beat Arbenz, responsable M&A, et Walter Huber, CEO Industrie

Patrik Kerler: Dans l’ensemble, quelles sont les tendances qui façonnent votre secteur et de qui émanent-elles?

Walter Huber: La numérisation a une énorme influence. Elle modifie les processus, de l’acquisition au consommateur, en passant par la production. Nous constatons aussi une utilisation nettement accrue du big data pour créer de nouvelles solutions à destination de nos clients. Et bien sûr, la durabilité reste un domaine clé. Ces tendances émanent à la fois des consommateurs et de l’industrie. Il en a toujours été ainsi. Les consommateurs savent ce qu’ils veulent. Et quand leurs attentes augmentent, cela crée de nouvelles exigences. En outre, il y a des avancées technologiques qui génèrent de nouveaux besoins dont le consommateur n’a pas encore conscience.

Beat Arbenz: La santé est également une grande tendance. La demande de produits sains augmente et, plus généralement, les consommateurs recherchent des produits non seulement sains, mais aussi socialement responsables et écologiques. Ils ne sont toutefois pas prêts à débourser davantage pour ces qualités. Les producteurs doivent relever ce défi avec intelligence et prudence, car si rendre un produit plus sain en change le goût, les consommateurs ne l’accepteront pas.

W. Huber: La réduction du sel en est un bon exemple. Quand nous mettons moins de sel dans un produit, le goût de ce dernier peut changer et il sera moins apprécié du consommateur. Il en va de même avec la couleur – les consommateurs veulent éviter les adjuvants et les colorants, mais si un produit n’a pas une couleur attrayante, il ne se vendra pas.

Comment tenez-vous compte de ces facteurs dans votre chaîne de création de valeur?

B. Arbenz: L’intégration en amont est dans notre ADN. Nous pouvons affirmer avec conviction que nous avons le contrôle total sur ces facteurs du fait qu’un grand nombre de nos produits sont issus de notre propre production. Il s’agit d’un facteur de différenciation clair face à nos concurrents.

W. Huber: Absolument. Et en termes de transparence vis-à-vis du client, permettez-moi de vous donner un exemple. En Chine, nous avons lancé Orange Garten, un concept d’e-commerce shop-in-shop qui nous permet d’exposer et de proposer nos capacités intégrées. L’ensemble de la chaîne de création de valeur y est présente. Aujourd’hui, les clients veulent savoir comment un produit est fabriqué et qui il y a derrière. Le CEO de la plate-forme d’e-commerce a donc visité nos usines en Suisse et diffusé sa visite en direct afin de montrer aux clients le processus de production. Cela instaure la confiance dans les produits que nous vendons dans Orange Garten. Et pour rester compétitifs, nous investissons de fortes sommes dans la formation des collaborateurs, dans les nouvelles technologies ainsi que dans de nouvelles usines et fabriques hautement automatisées.

Qu’en est-il de la personnalisation des produits – quel rôle joue-t-elle?

W. Huber: Les clients recherchent de plus en plus «leurs» cosmétiques, «leurs» céréales ou «leur» barre de confiserie. Nombre d’entre eux sont même prêts à communiquer leurs données personnelles pour obtenir des produits sur mesure, comme p. ex. des régimes personnalisés.

B. Arbenz: Les intolérances et les allergies renforcent cette demande de produits personnalisés. Cela se traduit par une plus forte différenciation parmi les différents produits et par une surveillance accrue de la chaîne de valeur afin de garantir l’exclusion de certains ingrédients. Encore une fois, c’est là un domaine où la confiance est primordiale.

L’innovation est clairement au cœur des activités. D’où cela vient-il?

W. Huber: L’innovation provient de ressources internes et externes. Les start-up jouent là un rôle important. Mais à partir d’un certain stade, celles-ci ont besoin de savoir-faire en matière de marketing, de capacité de distribution et d’installations de production – c’est souvent le point de départ de leur coopération avec nous.

B. Arbenz: Au sein du groupe Migros, nous avons implémenté des processus d’innovation et R&D qui fonctionnent de façon agile et systématique.

En parlant de vos entreprises, quel genre d’activité voulez-vous acquérir et comment sélectionnez-vous vos cibles?

B. Arbenz: Dans le passé, nous obtenions plus ou moins des opportunités directement de la part des sociétés ou de leurs conseillers. Aujourd’hui, nous sommes devenus beaucoup plus actifs dans la recherche des cibles. L’un des principaux changements concerne notre attitude face à la taille d’une cible. Nous ne rejetons plus les cibles juste parce qu’elles sont petites. Au contraire, nous analysons chaque cible soigneusement.

W. Huber: C’est exact. Mais il y a aussi une autre raison au fait que les cibles soient devenues plus petites et plus jeunes, c’est le prix. Il existe sur le marché d’énormes quantités de capital inutilisé – à la fois en termes de liquidités et de financement. Cela veut dire que nous devons nous atteler très tôt à une cible.

Les structures de propriété que vous recherchez ont-elles changé?

B. Arbenz: Nous n’effectuons que rarement des acquisitions à 100%. Notre partenaire conserve généralement une part de propriété. Nous accordons à l’entreprise un large soutien et lui offrons des contacts, mais le partenaire doit contribuer lui-même à la gestion de l’activité. Nous intégrons autant que nécessaire pour exploiter les synergies ou pour les rapports financiers.

W. Huber: La structure dépend aussi du degré d’intégration. Si une société est moins alignée sur nos processus, nous la laissons opérer sur une base plus individuelle de sorte qu’elle conserve ses capacités entrepreneuriales.

Une dernière question. Qu’en sera-t-il, à votre avis, des activités M&A dans votre secteur dans les une à trois prochaines années?

B. Arbenz: Il y aura toujours beaucoup de capital inutilisé. Nous le voyons au degré d’intérêt que le private equity porte à la branche de la consommation. Des multiples qui confinent déjà à l’absurde sont déboursés pour des entreprises qui sont perçues comme extrêmement porteuses d’avenir, notamment celles qui réalisent un chiffre d’affaire d’environ CHF 70 millions et plus.

W. Huber: De nouvelles opportunités M&A seront générées en lien avec les consommateurs, le secteur de la santé et la durabilité en conséquence des aspects dont nous avons discuté plus haut. Cela favorisera l’émergence de nouvelles start-up et attirera du capital frais – garantissant ainsi que le secteur continuera à se développer et à innover en se tournant vers l’avenir.

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