«J’attends des débats constructifs»

«J’attends des débats constructifs»

Christa Markwalder, présidente du Conseil national, s’exprime sur le modèle de succès qu’est la Suisse et indique quel est selon elle le besoin de réforme le plus urgent.

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Christa Markwalder

Christa Markwalder, Présidente du Conseil national

L’économie suisse est actuellement aux prises avec un franc fort, un contexte d’investissement incertain et un rapport non clarifié avec l’Europe:

Au cours de ces dernières années, l’économie suisse est parvenue à bien s’affirmer – même pendant la crise financière et économique. Aujourd’hui comme hier, nous faisons partie des pays les plus novateurs et les plus compétitifs du monde. Notre performance, la qualité suisse, notre force d’innovation et notre ouverture ont contribué à faire de notre pays un modèle de réussite. Il n’en a pas toujours été ainsi – il nous suffit de penser aux années 1990. Aujourd’hui, grâce aux réformes importantes de l’époque, notamment les ouvertures des marchés, les libéralisations et les privatisations, nous sommes – comparativement – si bien positionnés que toutes sortes d’initiatives populaires, mais aussi des initiatives préjudiciables à l’attrait de la place économique suisse, ont été acceptées. Ainsi, l’initiative Minder, celle relative aux résidences secondaires ou bien celle contre l’immigration de masse portent préjudice au label de qualité de notre site entrepreneurial, qui repose sur la stabilité politique et sur la fiabilité. La monnaie forte vient s’y ajouter, mais elle ne constitue pas le principal problème. Nous devons plutôt veiller, d’un point de vue politique, à restaurer des conditions cadres fiables pour nos entreprises afin de faire souffler sur le climat d’investissement une agréable brise estivale au lieu d’un vent glacial.

Quelles réformes sont à votre avis les plus urgentes au niveau du site économique suisse, de la garantie de la prévoyance vieillesse et de notre rapport à l’Europe?

Vous avez cité les principaux défis. J’y ajouterais, en tant que grand projet de réforme parlementaire, la stratégie énergétique 2050 ainsi que la réforme de l’imposition des entreprises III. Ces deux projets sont extrêmement importants pour le site économique suisse. Nous voulons aussi maintenir un environnement fiscal attractif et compétitif et concevoir une réforme de la prévoyance vieillesse qui n’assoie pas simplement notre bon concept des 3 piliers sur les aides financières supplémentaires des jeunes générations après 2030. Nous devons, l’année prochaine, clarifier notre rapport à l’Europe également dans l’intérêt du site économique, ce qui implique au préalable, après le vote en faveur de l’initiative contre l’immigration de masse, de sauver les contrats bilatéraux. Car ceux-ci garantissent notre prospérité, et nous ne voulons pas y renoncer.

Où voyez-vous en outre les plus grands défis pour notre pays?

En fait, nous sommes un pays jeune – nous n’existons pas, sous notre forme actuelle, depuis 1291, mais depuis le Congrès de Vienne de 1815, durant lequel les frontières actuelles ont été tracées. Même si la «suissitude» connaît aujourd’hui un véritable boom, je considère toujours notre «cohésion nationale» comme étant prioritaire dans un pays multilingue qui s’engage également envers les minorités.

Dans un monde qui, malheureusement, connaît à nouveau des conflits croissants, les flux de réfugiés vont nous donner du fil à retordre. Il est rare que les personnes venant de régions en guerre quittent volontairement leur pays. En quête de protection, elles cherchent à trouver refuge dans les pays européens parce qu’une société démocratique ouverte correspond aussi souvent à leurs valeurs. Si nous pouvons exiger que nos règles et notre ordre social soient respectés, nous pouvons concevoir de vivre ensemble. La Suisse est mise au défi en matière de Realpolitik, mais elle doit aussi toujours se remémorer sa tradition humanitaire.

Quelles priorités politiques attendez-vous du nouveau Parlement et du Conseil fédéral?

J’attends du nouveau Parlement, dans sa 50e législature, des débats constructifs portant sur des solutions solides et des bonnes réformes pour notre pays. Nous voulons faire progresser conjointement notre pays – avec des valeurs et des méthodes différentes, certes, mais au final avec des résultats concrets qui profiteront à la Suisse.En ce qui concerne le Conseil fédéral, j’attends une collaboration collégiale, un échange positif et intensif avec le Parlement ainsi qu’une attitude concordante des partis politiques, qui se sentiront représentés de façon adéquate dans notre gouvernement.

Quels sont vos objectifs personnels pour votre année de fonction en tant que présidente du Conseil national?

Pour mon année de présidence, je me suis essentiellement fixé comme priorité une chose que j’exprime aussi dans ma devise: le respect. Nous avons besoin de respect dans notre quotidien personnel et professionnel, à l’égard des minorités linguistiques, des institutions politiques, de notre Constitution et du droit international. Davantage de respect facilitera notre vie!

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