«Nous avons besoin de cibler nos actions»

«Nous avons besoin de cibler nos actions»

Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’Union suisse des arts et métiers, s’exprime dans un entretien sur les effets du franc fort, la capacité d’innovation des PME locales et l’impact des réglementations sur l’économie.

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Hans-Ulrich Bigler

Directeur de l’Union suisse des arts et métiers

Le thème de la force du franc fait actuellement les gros titres. Comment les PME suisses font-elles face à ces défis?

L’Union suisse des arts et métiers suit ce thème depuis plusieurs années, et pas seulement depuis que la suppression du cours plancher face à l’euro fait les gros titres. Nous devons veiller à ce que l’économie suisse soit et reste compétitive au niveau international. Pour cela, il faut de bonnes conditions cadres pour nos entreprises. En font partie, par exemple, un marché du travail libéral, une charge fiscale acceptable ainsi qu’un minimum de travail administratif improductif pour nos sociétés. En raison de la surévaluation actuelle du franc, ces tâches sont d’autant plus urgentes. La suppression du cours plancher face à l’euro signifie pour les entreprises une hausse des frais fixes de 10 à 15%. Nous devons donc soulager d’autant plus les entreprises et garantir des conditions cadres économiques favorables. Il y a lieu d’intensifier les mesures connues sans faire preuve d’un actionnisme fébrile.

Et quelles conséquences attendez-vous, pour les PME, des taux négatifs?

Les taux négatifs renferment différents risques. Le principal d’entre eux est qu’ils offrent des incitations aux mauvais investissements; pour garantir la valeur monétaire, c’est la fuite vers les valeurs matérielles, comme par exemple dans l’immobilier, ou le recours à des acquisitions qui s’avèrent peu rentables. C’est ainsi que naissent les bulles. Il est possible que l’Etat réagisse alors et intervienne par des mesures correctrices, c’est-à-dire par une régulation. Mais cela augmente alors les coûts de la réglementation. De nombreuses institutions paritaires sont également concernées, avant tout les caisses de pension, qui ont des difficultés à parvenir aux rémunérations minima.

Cette situation offre-t-elle une chance aux entreprises?

Il était déjà clair, lors de l’introduction du cours plancher de 1,20 franc pour 1 euro en 2012, que la Banque nationale suisse ne pourrait maintenir éternellement un cours minimum. De nombreuses entreprises ont déjà depuis longtemps revu leurs stratégies et réduit les coûts des processus. Elles s’efforcent de se positionner au travers d’innovations et d’une orientation sur les nouveaux marchés. Elles profitent aujourd’hui des adaptations qu’elles ont mises en œuvre dès 2012. Ces entreprises font elles aussi face à de gros défis dans la situation actuelle. Mais il ne sert à rien de les reporter à plus tard. L’intervention de la Banque nationale ne pourra pas être maintenue à long terme. Plus l’on attend, plus le besoin de réforme se fera sentir et plus le choc consécutif sera important.

Dans quelle mesure soutenez-vous concrètement vos membres?

Aujourd’hui, nous imposons chaque année à notre économie des coûts réglementaires à hauteur de 50 milliards de francs. Chaque loi, chaque ordonnance a un prix, qui doit être finalement payé également par l’économie afin de pouvoir mettre en œuvre les réglementations de plus en plus nombreuses et complexes. Il faut voir les choses concrètement: les coûts de la réglementation absorbent chaque année environ 10% de notre PIB. C’est là que nous intervenons: dans son rapport 2013, le Conseil fédéral lui-même a confirmé l’ampleur des coûts de la réglementation et énuméré des mesures concrètes susceptibles de les atténuer. C’est ce que nous revendiquons aujourd’hui. Et ce que nous voulons, sur le plan politique, c’est lutter systématiquement, à l’avenir, contre l’apparition de nouveaux coûts réglementaires. Une réglementation ne doit plus avoir lieu que lorsque cela est absolument nécessaire. Dans chaque réglementation, il faut aussi indiquer la charge financière pour l’économie. Pour cela, on a besoin d’un service indépendant pouvant imposer un dispositif de mesure des coûts des réglementations et qui soit entendu.

Quels sont les autres thèmes qui préoccupent le plus fortement les PME suisses à l’heure actuelle?

Les PME doivent pouvoir réaliser des actifs qu’elles pourront investir dans les innovations et dans le développement de l’entreprise. Il est donc décisif, pour elles, que ces marges ne soient pas constamment réduites par de nouveaux impôts et taxes toujours plus élevés. C’est un thème récurrent. Le refus massif de l’initiative relative à l’impôt sur les successions en juin de cette année est un signal important dans la bonne direction. Les PME ont en outre besoin des bons collaborateurs. Ceci est pour elle un facteur déterminant. Une solide formation professionnelle de base et une formation professionnelle supérieure revêtent pour les PME une importance cruciale pour trouver et former les personnes qualifiées. L’accès au marché international du travail et, partant, une mise en œuvre de l’initiative relative à l’immigration propice à l’économie en font également partie.

Qu’attendez-vous concrètement de la politique?

La politique sait quel levier peut alléger la charge de l’économie et à quoi ressemble une stratégie de croissance. De concert, les partis bourgeois ont déclaré cette année vouloir lutter contre les nouveaux impôts et taxes, réduire les coûts réglementaires inutiles et plafonner les dépenses de la Confédération au niveau de 2014. Dans ce domaine, nous nous attendons à ce que les partis bourgeois aillent de l’avant et livrent des résultats concrets.

Comment le pouvoir d’innovation des PME peut-il être renforcé au mieux?

La Suisse fait partie des pays les plus innovants au monde. La pression poussant à l’innovation et au développement permanent est directement ancrée dans les entreprises. C’est ainsi que de nombreuses PME parviennent, grâce à la spécialisation et aux innovations high-tech, à devenir des leaders du marché dans leur niche. D’autres réussissent à hausser leur qualité, dans les produits ou les prestations, à un niveau tel qu’elles s’affirment dans la concurrence internationale contre les compétiteurs proposant des prix plus bas. Ici aussi, l’innovation constitue la compétence clé qui doit être fournie en très grande partie directement dans les entreprises. Il s’agit donc en premier lieu de renforcer les entreprises. Leur accorder la liberté de développer leurs forces serait le plus gros levier que nous pourrions leur donner.

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