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Avoir gain de cause

Avoir gain de cause

Dans le domaine des litiges associés aux projets d'investissement, les contraintes liées aux budgets et aux échéanciers mettent souvent de la pression sur les stratégies juridiques afin qu'elles s'appuient sur des analyses qui reposent elles-mêmes sur des versions relayées d'événements ou sur un simple échantillon de données disponibles pour des mégaprojets.

Bien que cette approche soit largement adoptée, elle expose à la fois le cabinet et ses clients à des risques inutiles, puisqu'il suffirait à la partie adverse de trouver une seule conclusion conflictuelle dans un petit échantillon des informations soumises pour faire planer un doute sur les litiges en cours.

Heureusement, il est possible de dynamiser sa stratégie juridique de manière à laisser peu de place à la contestation. La clarté est à portée de main comme jamais auparavant pour qui sait mettre à profit l'analyse de données et les puissants outils de visualisation, et ce, moyennant des délais et des efforts raisonnables.

Les (véritables) chiffres

Afin de monter un dossier juridique pour leurs clients, les cabinets d'avocats se sont traditionnellement appuyés sur l'analyse d'échantillons des données relatives à des projets de construction. Bien qu'il soit ainsi possible d'avoir gain de cause, on s'expose par le fait même à une surveillance étroite. Dans certains cas, l'échantillon de données utilisé pour cette analyse n'indique peut-être pas véritablement l'existence du problème considéré en l'espèce. Dans d'autres cas, ces données peuvent avoir été entrées incorrectement (p. ex., en raison d'une erreur humaine commise au moment d'établir des échéanciers ou de remplir un journal sur les chantiers) et s'avérer ultérieurement inexactes lors d'une comparaison avec d'autres échantillons.

En bref, les méthodes traditionnelles laissent place à de multiples interprétations. Même avec les meilleures intentions du monde, certains clients pourraient ne pas disposer de toutes les informations ou ne pas comprendre pleinement la conjoncture à l'origine d'un dépassement des échéanciers ou des coûts. Cela peut donner lieu à des conclusions qui ne concordent pas avec celles de parties adverses utilisant d'autres ensembles de données.

Les cabinets d'avocats doivent ultimement s'appuyer sur la version des faits présentée par leurs clients; bien que leurs échantillons de données puissent être exacts dans leur portée limitée, ils présentent le risque d'affaiblir la stratégie judiciaire.

Prenons l'exemple d'un différend hypothétique concernant le dépassement des échéanciers pour la composante structurelle d'un actif s'inscrivant dans un grand projet de construction. Les cabinets d'avocats ont rarement le temps ou les ressources nécessaires pour recueillir des données pour chaque section d'un actif en cours de construction; ainsi, ils opteront plutôt pour l'évaluation d'une section, d'un type d'activité ou d'une durée en particulier qui sera présumé présenter le plus de problèmes. Cet ensemble de données pourrait nous informer au sujet de cette section de la construction, mais il pourrait aussi s'avérer inexact une fois comparé aux données portant sur toutes les sections des actifs, un plus grand nombre de types d'activités ou la durée entière du projet.

Améliorer le modèle

En raison de la complexité des mégaprojets actuels, les litiges doivent être gérés au moyen d'outils et de processus plus avancés.

Heureusement, grâce aux progrès réalisés en collecte et en analyse des données, nos analyses ne sont plus aussi limitées qu'avant. Nous pouvons maintenant recourir à des outils perfectionnés de collecte, de gestion et d'analyse des données pour créer un modèle en utilisant la population entière de données comprise dans la documentation du projet et dresser un portrait plus fidèle du problème considéré. Une fois que le modèle a été créé et que les données y ont été intégrées, il peut être analysé de diverses façons, notamment en calculant tout, des retards sur les échéanciers jusqu'à l'évaluation de la logistique et du rendement des projets (congestion sur le site, degré de préparation des composantes, productivité, etc.).

Comment est-ce possible? Plutôt que d'extraire et de transcrire manuellement des points de données de la documentation de projet dans un logiciel traditionnellement utilisé à des fins de calcul (comme Excel), il est possible de concevoir des algorithmes qui extrairont automatiquement les données pertinentes d'une multitude de documents, puis de les répartir en catégories selon un ensemble de règles définies par une équipe d'experts. Les calculs que l'équipe souhaite appliquer aux données peuvent aussi être programmés dans le modèle et être exécutés pour donner rapidement des résultats.

Un tel modèle s'avère très pratique pour comparer de multiples versions d'un document, comme des mises à jour à l'échéancier mensuel d'un projet ou la collecte et la comparaison de données provenant de plusieurs documents de projet, afin que seule la version la plus exacte des événements soit présentée.

Fait particulièrement important, les résultats de l'analyse peuvent être obtenus très rapidement et avec beaucoup d'efficience une fois qu'un tel modèle est en marche. L'équipe d'experts peut ainsi changer très rapidement sa méthode d'analyse au besoin, par exemple à la suite de nouveaux événements.

Des arguments convaincants

C'est une chose que d'utiliser des modèles perfectionnés pour constituer un dossier inattaquable. C'en est une autre que de présenter ce dossier de manière convaincante et éloquente.

En mettant à profit les outils de visualisation des données, il est possible de traduire les résultats de l'analyse en un rapport convivial (par exemple, sous forme d'un tableau simplifié des activités). Les résultats de certaines analyses peuvent aussi être affichés de différentes façons, sans qu'il soit nécessaire de déployer de grands efforts supplémentaires. Cette façon de faire permet non seulement d'assurer que toutes les parties arriveront à la même conclusion, mais aussi de démontrer clairement que les données présentées résultent d'une évaluation exhaustive des faits.

Une nouvelle donne dans le domaine du litige

La clarté est essentielle dans le domaine des réclamations liées à des projets d'investissement, où les enjeux sont majeurs. Heureusement, l'analytique avancée peut aider grandement les clients à réduire le risque que leurs stratégies judiciaires soient invalidées par les tribunaux.

Les organisations peuvent y parvenir au moyen de modèles de données avancés qui réunissent toutes les données relatives au projet et formulent des conclusions à partir d'analyses, de comparaisons et de connexions intelligentes. Grâce à la vérification par comparaison de la validité de l'information provenant de multiples sources et à l'analyse de l'ensemble de la population de données à notre disposition, les clients peuvent axer leur stratégie sur une représentation très claire et fiable de la situation d'un projet sans craindre de mauvaises surprises au cours d'un éventuel litige. De plus, cette méthode peut ouvrir la voie à d'autres analyses plus poussées des données selon des échéanciers et des budgets raisonnables.

Les litiges portant sur des projets d'investissement se complexifient de plus en plus. Pour compter sur une issue favorable, les clients doivent avoir la capacité d'exploiter de puissants outils de visualisation et d'analyse des données pour soumettre un dossier encore plus solide à la cour.