Info-ALENA | KPMG | CA

Info-ALENA

Info-ALENA

Février 2018 - 6e numéro

Contenu connexe

Info-ALENA

Depuis le dernier bulletin Info-ALENA, les négociations ont progressé, mais l’élection mexicaine présente toujours un risque important. Dans le présent numéro, Eurasia Group fait le point sur la sixième ronde de renégociation de l’ALENA, et nous examinons les mesures que les entreprises peuvent prendre en prévision des changements à venir dans le commerce transfrontalier entre les pays signataires.

Évolution des négociations

La sixième ronde de renégociation de l’ALENA s’est conclue le 29 janvier à Montréal avec certaines avancées, mais relativement peu de progrès en ce qui concerne les principaux sujets litigieux. Soulignant les difficultés qui persistent, les ministres ont toutefois jugé que les progrès réalisés étaient suffisants pour justifier la tenue d’une septième ronde de pourparlers, prévue à Mexico du 26 février au 6 mars.

Les négociateurs se sont entendus pour clore le chapitre sur la corruption ainsi que certaines annexes sectorielles. Il s’agit du premier dossier à être bouclé depuis la quatrième ronde tenue en octobre. Il a été convenu que la corruption et les revenus illicites seront considérés comme des actes punissables, que des mesures préventives et punitives seront présentées pour éviter de telles pratiques et que des paiements seront accordés en vue d’accélérer les procédures. On appuiera également la coopération entre les pays et l’application des principes d’intégrité chez les représentants de gouvernement.

En outre, il semble que les dossiers sur le commerce électronique, les télécommunications, le plan de salubrité des aliments et la santé animale pourraient être finalisés au cours de la prochaine ronde à Mexico. Le président du Conseil mexicain de coordination commerciale, Juan Pablo Castañon, a insinué qu’environ six chapitres sur dix pourraient trouver une issue favorable au cours de la prochaine ronde, ce qui représente jusqu’à 40 % de l’accord. Selon Eurasia Group, le fait que les négociateurs se soient accordés pour poursuivre les pourparlers indique que les parties demeurent déterminées à parvenir à une entente. Cela vient aussi réaffirmer la position du groupe selon laquelle, à ce stade, Trump n’enverra pas de lettre de retrait. Déplorant la lenteur des négociations, le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, a néanmoins objecté diverses propositions, notamment concernant le mécanisme exécutoire de règlement des différends et la contre-offre du Canada à la proposition américaine sur les règles d’origine.

La faible progression des discussions a forcé Eurasia Group à revenir sur ses prévisions : il semble désormais peu probable qu’une entente soit conclue d’ici la fin du premier trimestre. Eurasia Group croit plutôt que les négociations se prolongeront vraisemblablement au-delà de l’échéance du mois de mars, éventualité à laquelle le président Trump s’est dit ouvert lors d’une entrevue avec le Wall Street Journal le 11 janvier dernier. Par ailleurs, les propos tenus par le ministre de l’Économie Ildefonso Guajardo à Davos laissent entendre que le Mexique est prêt à continuer les négociations tout au long du cycle électoral, ce qui amène Eurasia Group à conclure que, malgré la prolongation des délais, il demeure possible d’arriver à un accord d’ici le mois de juillet de cette année.

Cependant, cette prolongation vient aussi confirmer l’opinion d’Eurasia Group quant au risque important que pose l’élection mexicaine de cet été pour l’ALENA. En effet, les négociations seront plus ardues pendant les campagnes présidentielles, qui devraient s’intensifier en avril. Si aucune entente n’est scellée d’ici le mois de juillet, l’administration Peña Nieto pourrait tout de même poursuivre les négociations jusqu’à l’entrée en fonction du prochain président, soit le 1er décembre. Or, selon Eurasia Group, les choses pourraient se compliquer si le candidat de gauche Andrés Manuel López Obrador remportait l’élection, et les investissements dans la région pourraient en prendre un coup.

Autres points à surveiller

Si on s’attarde, au-delà de l’ALENA, au contexte géopolitique global, Eurasia Group considère que nous traversons une période de « récession géopolitique » marquée par un vide croissant du pouvoir en raison de tendances émergentes qui rejettent la mondialisation. Les pays se replient de plus en plus sur eux-mêmes, et les règles d’engagement s’en voient profondément transformées.

En 2017, on a observé d’importants exemples de ce changement. Entre autres, des élections très serrées ont révélé la montée du populisme et des idéologies d’extrême droite au sein des pays développés. D’est en ouest, des positions protectionnistes se sont transformées en politiques gouvernementales – ou, du moins, ont été considérées comme telles dans l’opinion publique. Et surtout, au moment où les accords commerciaux régissant certains des plus grands marchés du monde font l’objet de négociations, la théorie des jeux est devenue une pâture médiatique.

Menaces de guerre nucléaire et de guerre commerciale, élections décisives, cybercrime… tout porte à croire que les drames politiques continueront de s’enchaîner en 2018. Les multinationales perçoivent visiblement ces risques : près de 80 % des répondants au récent sondage annuel du Forum économique mondial sur la perception des risques1 disent s’attendre à une augmentation des risques liés aux guerres impliquant les grandes puissances, et 93 % d’entre eux prévoient une accentuation des affrontements politiques ou économiques entre ces puissances.

Pourquoi ces considérations sont-elles importantes? L’idée n’est pas de semer la peur, mais simplement de montrer que les négociations de l’ALENA ne peuvent pas être prises en compte de façon isolée, et qu’il existe des tendances et des mouvements à plus grande échelle qui pourraient influencer le résultat final de l’accord.

Pour prospérer dans cet environnement, votre entreprise pourrait avoir à changer sa stratégie de gestion des risques politiques. Les répercussions de la politique sur un secteur ou une entreprise peuvent se manifester de façons inédites et sans lien apparent. Pour y voir clair, il est nécessaire de porter un regard sur l’ensemble de l’entreprise.

 

1 Global Risks Report 2018 du Forum économique mondial

Mesures à prendre

Voici une suggestion pour vous préparer à ce que le monde nous réserve en 2018 : ne vous attardez pas aux cygnes noirs; ils sont, par définition, imprévisibles et inattendus. Misez sur une planification de scénarios fondée plutôt que sur une analyse prospective. Dans ce monde sens dessus dessous, il vaut nettement mieux concentrer son temps et son énergie sur les « inconnus connus » que tenter de définir un ensemble complet de risques potentiels.

Nous avons abordé la planification de scénarios et la préparation aux changements de l’ALENA dans un contexte élargi (comme celui de la réforme fiscale des États-Unis). Le nouvel Accord de Partenariat transpacifique excluant les États-Unis (maintenant appelé l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste [PTPGP]), signé le 23 janvier 2018, pourrait également ouvrir un nouveau champ de possibilités pour les entreprises exerçant des activités au Canada et au Mexique. Les importateurs dans ces pays devraient tenir compte de l’incidence du PTPGP dans leur planification de scénarios.

Mais étant donné le contexte géopolitique, pourquoi ne pas adopter une approche encore plus holistique? Envisagez de soumettre votre plan d’entreprise triennal à un test de résistance basé sur les scénarios suivants (individuellement ou collectivement) :

  • Double des dépenses d’exploitation liées au commerce transfrontalier (couvertures financières, honoraires professionnels, conformité réglementaire, frais de déplacement, etc.).
  • Panne de 72 heures des systèmes d’information centraux (site Web, portails en ligne, services de messagerie chiffrés, etc.). Fait intéressant : si un important fournisseur d’infonuagique était décimé par une attaque, les dommages se chiffreraient entre ceux de l’ouragan Sandy et ceux de l’ouragan Katrina, soit entre 50 et 120 milliards de dollars américains.
  • Aucun déplacement transfrontalier pendant une semaine (aucun voyage en avion, en train ou en voiture au-delà des frontières internationales).
  • Double du temps (ou des frais) de transport des marchandises (transport maritime, aérien, routier et ferroviaire).

Si vous avez des questions, des demandes d’information ou des points de vue à exprimer, veuillez communiquer avec notre équipe : GO-FM Geopolitics.

KPMG au Canada, KPMG au Mexique, KPMG aux États-Unis et Eurasia Group ont corédigé cette publication qui allie les analyses poussées du contexte politique effectuées par Eurasia Group et l'expérience et les connaissances de KPMC en matière d'audit, de fiscalité, de services-conseils et d'incidences commerciales pour présenter aux clients des perspectives éclairantes.

 

Certains ou la totalité des services décrits aux présentes pourraient ne pas être offerts aux clients d'audit de KPMG et à leurs sociétés affiliées.​

Communiquez avec nous

 

Appel d’offres

 

Soumettre