2 : Le populisme perturbe les infrastructures | KPMG | CA

Tendance 2 : Le virage populiste, source de perturbation pour le marché des infrastructures

2 : Le populisme perturbe les infrastructures

Avec la montée du populisme, les infrastructures deviennent un enjeu majeur.

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Au début de 2016, nous avions prévu une augmentation de l’incertitude politique et sociale. Toutefois, avec le Brexit, les élections américaines, le dénouement de l’opération « Lave-auto » au Brésil et d’autres événements imprévus, il semble que nous ayons (comme d’autres) sous-estimé la réalité.

Une chose est claire : avec la montée du populisme, les infrastructures sont devenues un enjeu majeur de l’échiquier politique. Donald Trump n’est pas le seul à avoir brandi le renouvellement des infrastructures comme moyen de redonner sa grandeur au pays. D’autres élus, de la Colombie au Canada, en ont également fait leur plateforme électorale. Dans de nombreux pays, les discussions à ce sujet sont aussi vives qu’au moment de la Crise de 1929. En Asie, c’est même devenu synonyme de prospérité durable. Le Vietnam et le Myanmar emboîtent aujourd’hui le pas à la Chine, qui a longtemps considéré les projets d’infrastructures comme une panacée aux troubles sociaux (comme en fait foi le projet « One Belt One Road »).

De ce courant populiste qui repose sur les infrastructures découlent trois « sous-tendances ». La première est évidente : les budgets d’infrastructures vont augmenter. Toutefois, comme une bonne part de ces projets sera vraisemblablement financée à même le trésor public, on peut s’attendre à une aggravation des déficits budgétaires.

En deuxième lieu, il faut compter sur un regain du protectionnisme. On suppose que l’intérêt pour les projets d’infrastructures réside dans leur potentiel de création d’emplois locaux. Il est donc peu probable que les États-Unis, désireux de « retrouver leur grandeur », engagent des promoteurs et des travailleurs étrangers. Diverses raisons seront invoquées pour fermer les frontières : la peur de perdre le contrôle, les impératifs de sécurité nationale, les répercussions sur le marché du travail local et la protection des consommateurs. La probabilité de nouvelles restrictions réglementaires limitant la participation de promoteurs et d’exploitants étrangers devrait donc augmenter dans la plupart des marchés.

La troisième sous-tendance qui se dégage est un changement de priorités, une évolution non seulement vers des projets visant des actifs plus attrayants ou axés sur les citoyens, mais également vers de nouveaux modèles et technologies susceptibles d’accélérer la réalisation des travaux. Le fait que les pays en développement et les pays développés auront accès en même temps aux nouvelles technologies pourrait aussi contribuer à une meilleure répartition des investissements en infrastructures.

En Afrique, par exemple, avec les percées réalisées en matière de technologie solaire, beaucoup de pays n’ont plus à se soucier d’investir dans de coûteux réseaux et centrales électriques. L’accès à la téléphonie mobile a éliminé le besoin de lignes fixes dans de nombreux marchés. La technologie continuera vraisemblablement de jouer un rôle important dans un contexte où les administrations gouvernementales, partout, s’efforcent de répondre aux revendications populaires et de niveler les inégalités sociales.

Par contre, il faudra prendre garde que les visées protectionnistes ne privent pas les pays de l’expérience, des idées et des capacités des intervenants internationaux. En fait, le protectionnisme dans sa forme la plus extrême écarte la concurrence et ignore les meilleures pratiques mondiales et, de ce fait, se traduit par des dépassements de coûts et des infrastructures de moindre qualité.

Perspectives à long terme

Ceux qui sauront se doter de stratégies d’infrastructure axées sur la concurrence sectorielle favoriseront la croissance durable de leur revenu national, tout en améliorant la qualité de vie de leurs citoyens.

Les gouvernements continueront de miser sur les projets qui font passer les citoyens en premier, ce qui laisse entrevoir que l’égalité sociale et d’autres questions similaires influenceront la planification et la hiérarchisation des projets d’infrastructure.

Pour les administrations gouvernementales, et les promoteurs, entrepreneurs et exploitants internationaux, le défi à long terme consistera à définir clairement la valeur de leurs projets et à dissiper les préoccupations locales.

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