Les impératifs de la politique publique | KPMG | CA
close
Share with your friends

Les impératifs de la politique publique

Les impératifs de la politique publique

Les VA influenceront la politique publique et les services dans 5 domaines.

Associé, leader national, Services à la personne et services sociaux

KPMG au Canada

Contacter

Contenu connexe

autonomous vehicle

Nous sommes en 2025. Les véhicules autonomes sont sur toutes les routes. La conversion s'est fait beaucoup plus rapidement que prévu, même si on voit encore de nombreux automobilistes au volant de leur « voiture traditionnelle ». Ces derniers commencent d'ailleurs à regretter leur choix, car la société se montre de plus en plus intolérante aux accidents de la route, en particulier ceux causant des blessures ou la mort1.

La popularité de la mobilité personnelle a monté en flèche; jeunes et moins jeunes et handicapés profitent de leur nouvelle liberté2 et travailler pendant les déplacements est devenu une seconde nature. Le pays est en plein boom économique grâce à la hausse de la productivité3, les sondages révèlent une hausse de l'indice du bonheur depuis l'arrivée des « véhicules autonomes sans tracas », et on observe une légère, mais visible amélioration de la santé publique, ce qui allège le fardeau des services de santé.

Ce scénario n'est pas si farfelu. Les investissements dans les technologies de véhicules autonomes ont atteint des proportions énormes4, et tous sont convaincus des avantages possibles, à l'exception des mordus du volant.

Quoi qu'il en soit, il est inutile de peser le pour et le contre des véhicules autonomes, puisqu'ils sont presque réalité. Reste à savoir précisément dans combien de temps ils constitueront la majorité des véhicules sur nos routes. En général, on estime que ce sera dans moins de 20 ans5.

Qu'est-ce que cela signifie pour les législateurs fédéral, provinciaux et municipaux; pour les sociétés municipales et intermunicipales de transport et les administrations routières? Ils devront maîtriser les subtilités du fonctionnement des villes et des pays, et reconnaître qu'ils ont le pouvoir d'influencer le destin pour le bien de la société.

Il y a urgence d'agir en ce qui concerne l'établissement et l'application de lois. Pour que les pays et les villes soient prêts à temps pour accueillir les véhicules autonomes. Et pour que les décisions d'investissement dans l'infrastructure publique et l'infrastructure de transport tiennent compte des avantages que procureront les véhicules autonomes.

Les véhicules autonomes influenceront considérablement la politique publique et les services dans cinq domaines :

  1. Décisions d'investissement dans l'infrastructure de transport : La responsabilité à l'égard des fonds publics exige que les décisions d'investissement public soient fondées sur de rigoureuses analyses coûts-avantages. Si les coûts sont engagés maintenant, les avantages se concrétisent habituellement sur une période de 30 à 50 ans. Il y a fort à parier que les véhicules autonomes auront changé la société d'ici ce temps-là. Ainsi, toute analyse de rentabilité en transport réalisée aujourd'hui doit tenir compte d'une éventuelle multiplication des véhicules autonomes.

    Cela affectera les décisions quant aux projets de transport à prioriser. Les projets déjà en cours risquent de voir leurs plans, et par conséquent leurs coûts, changer. Par exemple, une route réservée aux véhicules autonomes n'a probablement pas besoin de garde-fous ni des bandes d'arrêt d'urgence. De plus, les voies pourraient être plus étroites, ce qui réduirait l'espace et les coûts nécessaires.

  2. Permis de conduire, immatriculation et code de la route : Dans un monde où le véhicule autonome est roi, il n'y a pas de conducteur. Donc pas besoin de permis de conduire. Or, dans beaucoup de pays, le permis de conduire sert aussi de pièce d'identité. Les incidences d'un éventuel abandon du permis de conduire doivent être étudiées attentivement. Sans compter qu'il faut tenir compte du temps nécessaire à la transition.

    On peut supposer que la plupart des pays continueront d'exiger l'intervention d'un conducteur titulaire d'un permis de conduire pour les premières années. Mais, avec l'évolution de la technologie, cette exigence ne tiendra plus. Puis il y a la question de l'immatriculation des véhicules. Sera-t-elle encore nécessaire? Du point de vue de la sécurité, ne serait-il pas suffisant de confier aux constructeurs la responsabilité de produire des véhicules sécuritaires, comme c'est le cas d'à peu près tous les biens de consommation, plutôt que de procéder à des contrôles réguliers? L'immatriculation des véhicules pourrait demeurer utile pour tirer des revenus de l'utilisation de véhicules autonomes. Enfin, le code de la route devra être adapté et, dans un monde où les véhicules autonomes seraient l'unique moyen transport, remplacé par des normes de connectivité fonctionnant comme des protocoles Internet.

  3. Revenus : Les véhicules autonomes auront tout de même besoin de routes sur lesquelles circuler et d'importants investissements dans les technologies numériques de manière à fournir suffisamment de bande passante pour les communications véhicule-infrastructure et entre véhicules. Les administrations municipales voudront probablement établir des centres de contrôle afin de pouvoir intervenir en cas de congestion.

    La révolution du véhicule autonome représente une occasion pour les administrations de revoir et d'améliorer le modèle de financement de l'infrastructure routière. Elles ont le choix de décider si la construction et l'entretien de l'infrastructure relèvent du secteur public ou privé. Le secteur privé pourrait par exemple se charger de tous les systèmes de communication. Pour ce qui concerne la portion défrayée par le secteur public, il faudra penser à de nouvelles taxes sur les véhicules et l'utilisation pour remplacer les revenus issus des taxes sur le carburant6.

  4. Planification spatiale : Les véhicules autonomes proposent de révolutionner les transports, mais aussi notre mode de vie. Avec la mobilité sur demande, il n'est pas nécessaire de posséder son propre véhicule. Ce qui signifie une accessibilité universelle, une augmentation considérable du nombre de kilomètres parcourus7 et possiblement une forte hausse de l'utilisation des véhicules8.

    Donc, il y aurait moins de véhicules. Et si on ne possède pas de véhicule, pas besoin de lui trouver une place de stationnement. Dans les zones urbaines densément peuplées, les garages et parcs de stationnement pourraient devenir choses du passé. Aussi, les véhicules autonomes peuvent circuler plus près les uns des autres, donc les routes pourraient être plus étroites. Dans les rues résidentielles, les bordures de trottoir ne seraient plus nécessaires, puisque les véhicules et les piétons pourraient y circuler sans danger. Les villes devront faire de nouveaux choix quant à l'aménagement de leur territoire et l'utilisation de l'espace ainsi libéré.

  5. Sécurité : Dans un monde où le véhicule autonome est roi, le passager met sa vie entre les mains du système qui contrôle le véhicule. Il va sans dire qu'il exigera que ces systèmes soient protégés contre les défaillances et les attaques malicieuses. Les administrations devront établir des règles pour régir les systèmes et les contrôles réguliers.

    Le taux d'accident diminuera de beaucoup. Combiné à la réduction de la propriété de véhicules personnels, il risque de transformer le secteur de l'assurance automobile9. La sécurité des données personnelles sera également un enjeu puisque les systèmes de paiement des véhicules autonomes se fonderont sur les renseignements détaillés concernant les destinations.

Les pouvoirs publics doivent planifier dès maintenant pour faire face à ces multiples enjeux. Ainsi, ils pourront tirer parti des avantages, autant économiques que sociaux, associés à un monde dans lequel domineront les véhicules autonomes.

Dans les prochains numéros de @gov, nous aborderons ces questions plus en détail en vue d'aider les pouvoirs publics à envisager l'avenir en fonction des véhicules autonomes.

Les véhicules autonomes apporteront de nombreux avantages. Commençons à planifier leur arrivée maintenant.

Références

1 Selon Automobile insurance in the era of autonomous vehicles, publié par KPMG aux États-Unis en juin 2015, la fréquence des accidents devrait diminuer de 80 %.

2 The Clockspeed Dilemma, KPMG International, janvier 2016.

3 Prévisions des avantages économiques aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni selon Robotenomics.

4 Autonomous Driving : Question is When, Not IF, IHS Automotive, mis à jour en janvier 2015.

5 Prévisions des ventes de véhicules autonomes, IHS Automotive, décembre 2014.

6 Revenus des taxes sur le carburant aux États-Unis, 1977-2013, Tax Policy Center; Tax and NIC receipts: statistics table, HMRC Tax Receipts and National Insurance Contributions in the UK, HM Revenue & Customs, octobre 2013.

7 The Clockspeed Dilemma, KPMG International, janvier 2016

8 Autonomous Vehicle Implementation Predictions, Implications for Transport Planning, Victoria Transport Policy Institute, août 2013.

Communiquez avec nous

 

Appel d’offres

 

Soumettre