À première vue, les banques belges s'en sortent bien | KPMG | BE

À première vue, les banques belges s'en sortent bien... Mais, elles seront confrontées à un problème de rentabilité

À première vue, les banques belges s'en sortent bien

Le rapport intitulé « L'impact cumulatif des réglementations, de la fiscalité et d'un environnement de taux bas » fournit un aperçu précieux des répercussions potentielles sur le capital, la liquidité et la rentabilité des banques belges.

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Une nouvelle étude portant sur le paysage bancaire belge – réalisée par KPMG en Belgique – démontre que ces trois dernières années, les banques belges ont réussi à améliorer leurs ratios de capital et de liquidité. Via la cession de leurs activités secondaires, les banques ont réduit les risques relatifs à leur bilan. En 2015, les banques belges sont également parvenues à restaurer une rentabilité supérieure à celles des années précédentes (post-crise), nonobstant les coûts plus élevés liés au renforcement des réglementations et aux charges fiscales. Toutefois, les banques du Royaume devront prendre des mesures correctrices si elles souhaitent maintenir cette rentabilité, tout en conservant des niveaux de solvabilité et de liquidité acceptables.

Nouveaux défis

L'environnement actuel caractérisé par des niveaux de taux d’intérêt bas couplés à de nouvelles réformes réglementaires va donner lieu à de nouveaux défis. Les banques pourraient tenter de restaurer la rentabilité en augmentant leur profil de risque, en continuant d'accroître les prix des crédits, en réduisant les coûts et/ou en générant davantage de revenus issus de services tarifés. Cependant, certaines de ces actions interviendront non sans un certain prix à payer pour l'économie belge.

Conclusions principales du rapport

1. Le secteur bancaire belge s'en sort bien, néanmoins...

À première vue, les ratios de capital ainsi que les niveaux de liquidité et de rentabilité ont connu une nette amélioration. Ces progrès ont été accomplis grâce à diverses mesures, en ce compris la réduction des risques et de la taille des bilans, la rétention des bénéfices et la levée de nouveaux capitaux, la diminution des effectifs, la restructuration des réseaux d’agence et une meilleure tarification du risque crédit lors de l’octroi de nouveaux prêts.

Toutefois : le niveau actuel de rentabilité des capitaux propres couvre à peine le coût des capitaux (environ 9,2 %) et sera certainement mis sous pression dans les années à venir. Par ailleurs, les résultats des banques belges en 2015 ont été impactés positivement par des effets ponctuels tels que la prise en résultat des pénalités liées aux remboursements anticipés sur les crédits hypothécaires, alors que les répercussions négatives de ces paiements anticipés sur le revenu net d'intérêts (RNI) ne se feront sentir qu’à plus long terme.

2. Le coût engendré par les nouvelles réglementations, le niveau élevé de taxation, et enfin, l'environnement de taux d'intérêt vont affecter la rentabilité des banques belges.

En raison d'un certain nombre de nouvelles réglementations (*), d'impôts et de cotisations, les banques belges vont être confrontées à des coûts plus élevés et à des besoins plus importants en capitaux. En outre, l'impact négatif sur les marges des banques découlant des facilités de dépôt à taux négatifs de la BCE, renforcé en Belgique, non seulement par des opérations de refinancement/remboursement anticipé particulièrement conséquentes, mais également par l’imposition par le gouvernement belge d’un taux minimum de 0,11% pour la rémunération des dépôts d'épargne, indique clairement que les banques ne seront pas en mesure de conserver la marge d'intérêt nette actuelle dans les années à venir. Le principal taux de rentabilité – la rentabilité des capitaux propres – du secteur bancaire belge va chuter en deçà de 6,3 % d’ici 2019.

Plan d'action

Cette perspective ne laisse pas d'autre choix que d'envisager des mesures correctrices en vue de restaurer la rentabilité tout en maintenant des niveaux de solvabilité et de liquidité acceptables. Selon KPMG, à un niveau agrégé, nul doute qu'une combinaison de mesures sera mise en place, dont voici la plus plausible :

  • L’investissement de liquidités et actifs liquides de haute qualité en actifs moins liquides et plus risqués générant un rendement supplémentaire ;
  • Une réduction structurelle des coûts réalisée notamment par le biais d'une diminution d’effectifs ;
  •  La génération de revenus supplémentaires (services de conseil) ;
  • Une révision des taux du crédit ; et
  • L'émission de nouveaux capitaux (Tier 2) et/ou la modification de la politique de dividendes.
  • Inutile de préciser que d'autres scénarios ou combinaisons sont possibles. Néanmoins, les analyses menées par KPMG démontrent qu'il sera pratiquement impossible de répondre aux exigences si les banques se concentrent sur un nombre trop limité de mesures.

 

Concernant le rapport et le modèle financier employé

Cette étude de 2016 est une version mise à jour du rapport de 2013 intitulé « L'impact cumulatif des réglementations ». Alors qu'un nombre croissant de réglementations vont atteindre le stade de la mise en application complète, notre objectif visait à identifier et à mettre à jour les incidences du nouveau cadre réglementaire et de l'environnement fiscal sur le secteur bancaire belge, tant aujourd'hui qu'à l'avenir. Pour ce faire, KPMG a développé un modèle financier destiné à estimer les effets potentiels des nouvelles réglementations les plus importantes, des taxes bancaires et des cotisations, ainsi que de l'environnement de taux d'intérêt bas combinés.

Dans le cadre de cette analyse quantitative, des données (bilans, déclarations de revenus, données fiscales et ratios Bâle III) ont été collectées auprès de différentes banques puis traitées de manière agrégée afin d'obtenir une vision consolidée.

L'échantillon des banques ayant participé représente environ 90 % du secteur bancaire belge en termes d'importance du bilan. Bien que sa conception soit relativement peu élaborée, le modèle fournit un précieux aperçu des répercussions potentielles des réglementations choisies sur le capital, les liquidités et la rentabilité.

 

(*) Quelles sont les réglementations ayant été prises en compte ?

  • Liquidité (Bâle III [LCR et NSFR] et Taux d'encombrement des actifs [CRD IV et législation belge]) ;
  • Capital (Bâle III – Mécanisme de surveillance unique et Processus de surveillance et d'évaluation prudentielle, [SREP] 2.0 – Mécanisme de résolution unique [MRU] et Exigence minimale de fonds propres et passifs exigibles [MREL]) ;
  • Levier (Bâle III) ;
  • Actifs pondérés par les risques (RWA) (Bâle IV – Révisions de l'approche standard pour le risque de crédit ; Révision fondamentale du portefeuille de négociation [FRTB] ; Révision du cadre du risque opérationnel ; Révision des expositions au risque souverain) ;
  • Comptabilité : normes internationales d'information financière (IFRS) 9 ;
  • Directive sur les marchés d'instruments financiers (MiFID) II ;
    Lutte contre le blanchiment d'argent (AML) et Lutte contre le financement du terrorisme (CTF) ;
  • Principes BCBS 239 ;
  • Coût global de conformité ;
  • Taxes bancaires et contributions.


Bruxelles, le 22 juin 2016


 

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